Retour du Vietnam – Témoignage de Benoît Fidelin

Lanh, jeune veuve, ouvrière dans l’industrie textile, rend visite à Nhat, son fils. Pensionnaire de l’orphelinat, il peut y recevoir une éducation, tout en gardant ses liens filiaux intacts.

Lanh, jeune veuve, ouvrière dans l’industrie textile, rend visite à Nhat, son fils. Pensionnaire de l’orphelinat, il peut y recevoir une éducation, tout en gardant ses liens filiaux intacts. © Laurent Weyl / Argos

Benoît Fidelin, notre nouveau rédacteur en chef à Pèlerin, revient sur son dernier périple au Vietnam, un pays cher à son cœur depuis trente ans.

C’est le peuple le plus optimiste du monde ! Sur seulement 330 000 km2 de l’ancien Tonkin au delta du Mékong, 90 millions de Vietnamiens ont la rage de prospérer. Leur pays charnel et envoûtant, je le connais depuis trente ans.

Son. Ecoutez l’édito de Benoît Fidelin.

Je l’aime pour son énergie féroce et contagieuse, ses villages encagés dans les bananeraies, son damier de rizières où la chaleur monte dans l’aveuglante clarté des jours, ses pluies tièdes qui semblent hachurer l’univers. Et ses huit millions de chrétiens, visibles dans la multitude par la seule force de leur exemple.

Leur histoire récente est bouleversante. En 1975, après la victoire des communistes du Nord, l’immense majorité des croyants a choisi de rester au Sud, de partager le sort de leurs compatriotes enferrés sous le joug d’un régime totalitaire à ses débuts.

” Il fallait se rendre au Vietnam durant ces années de plomb pour mesurer la douleur de cet enfouissement.”

« On tient le choc », vous confiaient les croyants. « Tenir », pour eux, c’était continuer à transmettre la foi malgré les brimades et les arrestations.

Évoquer sans relâche l’esprit de liberté dans les sermons rapportés aux autorités. Organiser la vie paroissiale en coulisses. Ordonner des prêtres dans la clandestinité.

Parler même de l’exigence du pardon aux vaincus ! Une résistance de l’esprit avant l’éclaircie : à la fin des années 1980, le pouvoir acculé dans un pays exsangue s’est résolu à engager des réformes libérales.

Aussitôt, on a vu les chrétiens bâtir des églises et se glisser dans la vie sociale. Comme ce jeune prêtre, rencontré il y a vingt ans dans une province frontalière du Cambodge.

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Il a d’abord partagé la vie des paysans passés, grâce à ses conseils, de deux à trois récoltes de riz par an. Puis, il est devenu aumônier de milliers d’ouvriers happés par l’industrie en plein essor, avant de miser sur l’éducation des jeunes, au cœur d’un pays aujourd’hui en manque crucial de repères et gangrené par la corruption des élites.

Son parcours saute aux yeux, car il résume celui de l’Église qui retrouve lentement droit de cité. À tel point que le gouvernement lui délègue une part de l’action caritative, comme le montre, cette semaine, notre reportage sur la formidable action des religieux assomptionnistes auprès des orphelins.

La leçon de cette renaissance ? Elle tient dans la manière dont cette Église d’Asie a vécu sa Passion, solidaire de tout un peuple, pour y connaître, tout au bout de la nuit, une vraie résurrection.

Source : Le Pèlerin

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